Croquis de patronage du visage.
Un premier patron a été réalisé en papier et collé au visage pour tester la mobilité.

Parle-moi un peu de toi 

J’ai habité sur la Rive Sud de Montréal jusqu’à l’âge de 8 ans avant d’arriver à Montréal, où je réside maintenant. Après le secondaire, j’ai commencé à travailler dans une cuisine et j’ai été accepté dans une école de cuisine. En parallèle, je créais des maquillages et je suivais des cours de cirque. C’est à peu près à ce moment que je suis tombé amoureux de l’art de la performance et de la transformation. J’ai continué à travailler dans les cuisines pendant 4 ans, mais il y a environ 9 mois, j’ai tout arrêté pour me concentrer sur mon art et sur ce qui m’allume réellement. 

Premiers essais avec maquillage : préparation de la peau et finition du maquillage.

Full face – paillettes!

Où trouves-tu ton inspiration pour créer des maquillages? 

J’aime aller sur Instagram et saturer mon esprit d’images inspirantes. Non pas dans le but de les copier, mais pour recueillir des idées d’univers différents qui me permettront, peut-être, de créer des looks nouveaux plus proches de mon esthétique. 

On a décidé de faire un maquillage sur la peau qui nous permettrait de tester les matériaux Sticky en tant que matière pour faire un pochoir.
On a découpé les pochoirs au laser et on a utilisé autant les triangles à l’intérieur que les contours. Efficace!

Comment décrirais-tu ton style esthétique? 

Les super vilains dans les jeux vidéo. J’aime les caractères forts. J’adore quand le tout est cohérent : le maquillage, le costume, le nom et le personnage, jusqu’à la façon dont il positionne son corps. En fait, j’aime créer des personnages, c’est pourquoi je dis des « super vilains », parce qu’ils sont sombres, mais avec un sens du style et un peu punk. 

On a réussi à découper des pièces avec des parois aussi minces que 1/2mm!

Dans 15 ans, comment vois-tu le maquillage évoluer? 

L’industrie de la beauté évolue année après année et devient, rapidement, l’une des plus grandes industries au monde. Avec la façon dont ce monde évolue et avec tout ce qui se trame du côté des changements climatiques et l’importance nouvelle accordée à la cause environnementale, je crois que nous cheminons vers un maquillage réutilisable, écofriendly, moins néfaste pour la peau et la planète. Aujourd’hui, se sentir bien dans sa peau ne veut plus dire que nous devons endommager notre planète.  

Comment te divertis-tu? 

J’ai toujours de nouveaux projets. Je trouve quelques amis : stylistes, photographes, et autres. Ensemble, on discute de projets sur lesquels on pourrait collaborer, et l’on s’y met! J’y mets beaucoup d’énergie et d’argent. Sinon, j’aime aller à la recherche de cet univers créatif qui m’entoure : spectacles, art et expositions. Cela m’aide à pousser mon art encore plus loin. 

Touches finales!
Pour démontrer qu’on peu coller, décoller et re coller le Sticky Makeup, on a décidé d’ajouter un dernier niveau de transformation, sur le maquillage de base, avec des pièces recouvertes de tissus.

Dans 15 ans, comment vois-tu l’évolution du Live Entertainment, et comment crois-tu que les gens le consommeront? 

Avec la montée de l’IA, tout ça va changer rapidement. Les gens ne viendront plus dans les salles simplement pour être divertis en regardant « quelque chose » sur scène. Je crois que cela deviendra plutôt une question de relation entre le performeur et le public. Ce qu’on va pouvoir créer en combinant les arts et les technologies risque d’être vraiment incroyable.  

Quel genre d’expérience te vois-tu produire dans 15 ans? 

Je veux produire des shows, des gros événements. J’aimerais créer à Montréal une scène importante pour le milieu artistique où les gens créatifs pourront échanger, apprendre et réseauter. Je désire vraiment concevoir un endroit sécuritaire où tous peuvent connecter, travailler et créer. Bref, un endroit où l’on peut s’amuser tout en collaborant. 

Croquis
Pièces de Sticky avec différentes textures.

En repensant au projet que tu as réalisé lors de ta résidence, peux-tu expliquer ce que vous essayez de faire? 

Nous travaillons avec le Sticky Makeup. L’idée principale est d’essayer de trouver un moyen d’appliquer le maquillage d’une manière écofriendly, réutilisable. Pour ce projet, nous avons décidé d’utiliser le même produit pour faire les pochoirs, comme pour les applications que nous avons ajoutées par-dessus ensuite (voir la vidéo). Nous désirons montrer qu’il est possible d’utiliser cette formule pour apposer le maquillage sous forme d’appliqués ce qui permet de le transformer rapidement. 

Est-ce qu’il y avait des résultats inattendus durant cette résidence? 

Oui, certainement. L’un des plus grands défis que nous avons rencontrés était de trouver un moyen d’ajouter du maquillage sous le Sticky Makeup qui ne serait pas enlevé quand nous retirions l’applique, parce que c’est pas mal le but de tout ça! Nous avons essayé différentes techniques, par exemple en utilisant une base d’eau, ou encore une base d’huile. Finalement, c’est la base d’alcool qui était réellement la meilleure amie de la formule du Sticky. La base d’alcool permet de le nettoyer et de le garder adhérent tout en conservant le maquillage plus longtemps. En plus, elle permet de ne pas effacer celui-ci lorsqu’on retire le Sticky. Bref, on l’aime bien!  

Comment décrirais-tu ton expérience avec nous? 

Trop trop amusante. Toute ma vie j’ai créé dans mon coin, solitaire. Ici, j’ai tellement de ressources et de personnes-ressources qui ont permis d’amener le projet là où il est aujourd’hui. C’est fou, ici, toutes les technologies qui s’offrent à nous. C’était une expérience incroyable. Je suis très satisfait de ce que nous présentons comme résultat final.  

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