Joe, comment t’es-tu impliqué avec le Groupe Cirque du Soleil? 

Je suis un résident postdoctorat ici au Cirque du Soleil et à l’Université Concordia. Je travaille depuis quelques mois avec l’équipe de performance humaine du Cirque du Soleil et le laboratoire d’innovation Nextasy sur trois principaux projets qui creusent l’hybride entre la magie et l’univers du cirque. J’aide à bâtir une « structure de performance » qui permettrait aux artistes de jouer davantage avec les illusions ainsi que des prototypes de propositions d’illusions qui pourraient éventuellement être intégrées aux performances du Cirque du Soleil. Il y a bien sûr un travail de recherche sur les illusions, mais aussi beaucoup de discussions avec les équipes de production pour développer des propositions d’illusions adaptées à l’environnement de spectacle du Cirque du Soleil tout en donnant une réelle valeur ajoutée aux performances. 

Parle-nous de ton parcours. Pourquoi le chercheur à Concordia a-t-il voulu devenir magicien résident au Cirque du Soleil? 

La magie et le divertissement sont des expériences humaines… Irremplaçables. Comme l’a dit Kafka, « les baisers écrits n’atteignent jamais leur destination ». Il n’y a rien qui remplace la présence, le face-à-face. Je l’ai compris à 14 ans quand mon ami Nathan Livni m’a présenté un de ses tours de magie. J’étais complètement bouche bée. Je devais aller à la boutique de magie, apprendre et étudier jusqu’à ce que je puisse reproduire des tours moi-même. Je n’ai jamais arrêté de me laisser impressionner par la magie depuis. Pendant mes études, j’ai fait énormément de recherches sur les illusions. Travailler avec le Groupe Cirque du Soleil, c’est donner une forme et une vie à mes recherches, mais, surtout, prouver que la magie est volatile. La magie est partout et elle gagne à avoir sa place dans le divertissement. 

« Ce tour de magie à 14 ans m’a vraiment fait réaliser pour la première fois qu’il y a toujours deux facettes à la vie : le visible et l’arrière-scène. » 

– Joe Culpepper, Magicien résident postdoctorant

Qu’est-ce qui te pousse à créer? Comment décides-tu « OK, je veux tester tel tour et le transformer en performance » 

C’est vraiment imprévisible. L’étincelle peut venir de partout. Souvent, je m’inspire en regardant simplement des performances – de magie ou non. Un spectacle de cirque, un film ou toute autre performance de divertissement. La magie se cache partout. 

Propulsons-nous dans 15 ans. Comment vois-tu l’évolution des illusions dans le monde du divertissement? 

Les humains ont inventé toutes sortes d’outils de communication : le téléphone, le télégramme, les textos, les réseaux sociaux… Nous avons tous ces moyens de connecter à distance les uns avec les autres, mais, encore une fois : rien ne va remplacer le face-à-face, l’art de scène. 

Le cœur de la magie est resté assez similaire dans le dernier millénaire. Mais la magie reste dynamique! Les illusions sont adaptées au moment historique, à la culture, c’est ce qui leur donne tout leur sens. Dans 15 ans ce sera pareil. 

« Dans 15 ans, j’espère qu’il va y avoir davantage de diversité dans la magie : plus de femmes et une plus grande diversité en général. »

– Joe Culpepper, Magicien résident postdoctorant

Le divertissement, c’est aussi utiliser les illusions pour s’évader de la réalité. Un des projets de résidence de Joe était la création d’une roue d’illusion d’optique qu’il a présentée cette année au célèbre événement créatif Burning Man. Tous les détails dans un prochain article. 

À votre tour maintenant. Comment voyez-vous l’évolution de votre art dans le monde du divertissement? Contactez-nous au bas de cette page.

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